L’accompagnement psychologique à l’épreuve de la transidentité
Nous souhaitons alerter les psychologues, les professionnels de santé sur une problématique qui concerne les enfants et les adolescent.es : la transidentité.
Lors de nos consultations, de plus en plus de jeunes, souvent des filles (3/4 sont des filles pour ¼ de garçons), se disent en inadéquation avec leur corps, leur ressenti et souhaitent transitionner. L’adolescence est une période de bouleversement et il est légitime de se questionner sur son identité sexuelle.
A la naissance, le sexe de l’enfant est défini par l’observation : garçon ou fille (les problématiques intersexes ne représentent que 1,7% des naissances). Ce qui sera « assigné », ce sont les rôles sociaux-sexuels, empreints de sexisme, qui renforcent les stéréotypes (les filles aiment le rose, jouer aux poupées, etc, les garçons aiment le bleu, jouer aux voitures, etc). Outre les remaniements liés à l’adolescence, nous observons dans nos consultations différentes motivations à la demande de transition :
- Le rejet de sa féminité ou de sa masculinité, des rôles sociaux-sexuels et des stéréotypes aliénants, la gynophobie intériorisée. Prendre les codes de l’autre sexe et nier son empreinte biologique revient, contre toute attente, à renforcer les stéréotypes de genre.
- Le rejet de son orientation sexuelle, l’homophobie intériorisée : devenir l’autre sexe permet de rester dans l’hétéronormativité et de fuir son orientation en tant que lesbienne ou gay.
- L’autisme. Beaucoup de jeunes autistes pensent que leur mal être trouvera une solution et un apaisement dans la transition.
- Les trajectoires chaotiques de beaucoup d’adolescent.es, maltraitances, négligences, psychotraumatismes liés à des violences intrafamiliales et à des violences sexuelles. (cf Le témoignage d’Axelle dans le podcast Rebelles du genre, détransitionneuse : https://www.youtube.com/watch?v=SyXhbDVdaLU&t=38s
Toutes ces motivations vont trouver un amplificateur via les réseaux sociaux avec des phénomènes de contagion et le désir de se faire accepter dans une communauté qui vend du rêve. La grande fragilité des adolescent.es nécessite de prendre beaucoup de précautions pour accompagner leur discours sur l’identité de genre, il importe aux professionnel.les de l’enfance et de l’adolescence, de rester informé.es sur ce qui se véhicule via les médias, les réseaux sociaux, les influenceurs, les livres, les films…
Mais les transitions notamment médicales ne sont pas anodines. Nous observons différents stades dans la transition :
- Le simple changement de prénom et de pronom, encouragé par l’institution scolaire (cf la
circulaire de l’éducation nationale de septembre 2022 :
https://www.education.gouv.fr/bo/21/Hebdo36/MENE2128373C.htm) reste réversible à tout
moment. - Les bloqueurs de puberté avec des conséquences irréversibles sur le développement des gonades,
des organes génitaux, sur la densité osseuse, avec les mêmes conséquences que la ménopause. - L’hormonothérapie avec la prise d’hormones féminisantes ou masculinisantes induisent des
changements irréversibles dans l’organisme. - Les mutilations : mastectomie, chirurgie de réassignation conduisant à des dommages
irréversibles. Des organes sains sont mutilés ayant pour conséquence une médicalisation à vie.
Le sujet est suffisamment sérieux pour qu’on y regarde de plus près sans oublier ces parents désemparés, démunis, sidérés qui ont besoin d’écoute et d’aide pour comprendre ce que leur enfant est en train de traverser.
Pas question pour nous de nier la dysphorie de genre mais nous invitons nos confrères et consoeurs à oeuvrer dans un cadre déontologique et éthique irréprochable, en refusant l’injonction à se taire et à être transaffirmatif-ve, en accompagnant ces enfants et ces jeunes au regard de leurs problématiques spécifiques jusqu’à leur maturité biologique (le cerveau se développe jusqu’à 25 ans). Les psychologues et les professionnels de santé peuvent être un rempart pour éviter ces dérives que Caroline Eliacheff et Céline Masson, psychanalystes, décrivent comme « sectaires », aider les jeunes, mal dans leur corps mais en quête de sens à travailler les conflits qui les traversent, les accompagner dans la construction de leur identité, favoriser un déploiement de leur identité, non sans évaluer avec elles /eux les risques d’une transition et d’en questionner les fondements, dans toutes ses dimensions et sa complexité. Ne pas leur laisser croire qu’elles/ils peuvent changer de sexe mais seulement prendre l’apparence de l’autre sexe. Nous savons que la majorité des enfants et des adolescent.es devenues adultes, surmonteront la dysphorie de genre, alors prenons le temps de les accompagner avec toute notre bienveillance car nous voulons des enfants et des adolescent.es en bonne santé . Les enfants et les adolescent.es ont des droits que nous devons respecter : le droit à être protégé, le droit à leur intégrité physique et psychique, le droit à vivre sans violence.
Le sujet est devenu tellement polémique que Céline Masson et Caroline Eliacheff qui ont créées l’Observatoire de la Petite sirène suite au film diffusé sur Arte de Sébastien Lifshitz, Petite fille, ont écrit La fabrique de l’enfant- transgenre, mais ne peuvent présenter leur travail sans être menacées, intimidées, censurées, voire interdites de paroles dans des lieux programmés !
L’académie de médecine, dans un communiqué daté du 25 février 2022, évoque un « phénomène d’allure épidémique » et appelle la communauté médicale à la plus grande prudence : « aussi, face à une demande de soins pour ce motif, est-il essentiel d’assurer, dans un premier temps, un accompagnement médical et psychologique de ces enfants ou adolescents, mais aussi de leurs parents, d’autant qu’il n’existe aucun test permettant de distinguer une dysphorie de genre « structurelle » d’une dysphorie transitoire de l’adolescence. De plus, le risque de surestimation diagnostique est réel, comme en atteste le nombre croissant de jeunes adultes transgenres souhaitant « détransitionner ». il convient donc de prolonger autant que faire se peut la phase de prise en charge psychologique »
https://www.academie-medecine.fr/la-medecine-face-a-la-transidentite-degenre-chez-les-enfants-et-les-adolescents/
Ne serait-il pas temps de promouvoir la recherche psychologique et sociologique sur ce sujet, d’évaluer la prise en charge psychologique et médicale des adolescent.es et d’introduire dans les études de psychologie une formation clinique adaptée pour accompagner les jeunes et leur famille ? « Primum non nocere », d’abord ne pas nuire !
Corinne Guyonnet et Marie Noëlle Gerolami. Psychologues cliniciennes.
13 Février 2023
>> Télécharger la lettre au format PDF
Pour aller plus loin :
WDI France, Déclaration des droits des femmes fondés sur le sexe :
https://m.facebook.com/WDIFR/
Les podcasts Rebelles du genre : https://www.facebook.com/search/top?q=rebelles%20du%20genre
Film « mauvais genre » :
https://www.youtube.com/watch?v=jy-6VEHel-E
Film « Transition de genre : toboggan vers le pire » :
https://www.youtube.com/watch?v=ctjCPIeQkDo&t=7s
